Arpad Szenes

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Arpad Szenes (né le 6 mai 1897 à Budapest et mort à Paris le 16 janvier 1985)

Peintre non figuratif français d'origine hongroise, appartenant à la nouvelle Ecole de Paris. Szenes et Maria Elena Vieira da Silva, qui se sont rencontrés à Paris en 1928 et mariés en 1930, forment l'un des plus célèbres couples de peintres de l'art contemporain. Une fondation réunit à Lisbonne (Portugal) leurs deux noms et leurs deux oeuvres.

Né dans une famille d'intellectuels et d'artistes, notamment de musiciens, il fréquente un milieu cosmopolite, rencontrant Marie Cuttoli et les Pitoëff. Très tôt il manifeste des dons pour le dessin et la peinture et, à la fin de ses études secondaires, découvre l'art contemporain international. Après avoir effectué de 1916 à 1918 son service militaire, il entre à l' « Académie libre » de Budapest. Lors de la révolution d'Octobre 1919 en Hongrie il peut observer la multitude d'affiches cubistes, futuristes et constructivistes dont se couvrent les murs de la ville.

Après avoir exposé pour la première fois des peintures abstraites en 1922 Arpad Szenes commence en 1924 un long voyage à travers l'Europe qui le conduit à Berlin, à Munich, en Italie puis en 1925 à Paris où, pour gagner sa vie, il exécute des caricatures dans les cafés de Montmartre. A l'Académie de la Grande Chaumière il rencontre en 1929 Maria Elena da Silva, qu'il épouse l'année suivante, s'installant à la « Villa des Camélias ». Ils y ont tour à tour pour voisins Pascin, Varese, Kokoschka, côtoient les sculpteurs Giacometti, Calder, Lipschitz. Dès cette époque Szenes réalise de nombreux portraits de sa femme au travail. En 1930 ils séjournent plusieurs mois en Hongrie et en Transylvanie, dans une colonie d'artistes.

Szenes travaille en 1931 la gravure à l'« Atelier 17 » de Hayter où il rencontre les peintres surréalistes, Miro et Max Ernst. Avec Vieira da Silva il participe aux réunions des « Amis du Monde, se liant avec Etienne Hajdu, plus tard Estève et Pignon. Jusqu'à la guerre Szenes séjourne régulièrement durant l'été avec Vieira da Silva au Portugal, s'installant en 1935 et 1936 à Lisbonne. Pour Marie Cuttoli qui crée un atelier de tapisserie il copie en 1937 des oeuvres de Braque et Matisse, et participe la même année auprès de Jean Lurçat à des décorations pour l'Exposition internationale de Paris.

En 1939 Szenes et Vieira da Silva quittent Paris, confient leur atelier et leurs peintures à Jeanne Bucher dont ils ont fait la connaissance dès 1932, arrivent à Lisbonne pour s'embarquer pour le Brésil. En 1944 Szenes y ouvre un atelier que fréquente de nombreux jeunes artistes. De retour à Paris en 1947 il renouvelle l'expérience jusqu'en 1955. Dans sa propre peinture il développe très allusivement par séries les thèmes du « Banquet », de la « Conversation », du « Peintre et son modèle ». A partir de 1949 la Galerie Jeanne Bucher l'expose régulièrement et l'Etat acquiert bon nombre de ses oeuvres.

Szenes est en 1956 naturalisé Français. Un voyage en 1958 dans le sud de l'Espagne est à l'origine de développements plus paysagistes de sa peinture où commence, dans les années 1960, de se multiplier en stratifications de couleurs marines ou terriennes le « Développement vertical de l'horizon ». Szenes accompagne en 1966 de cinquante gouaches un manuscrit de René Char appartenant à la collection d'Yvonne Zervos. De 1970 à 1973 une première rétrospective de son œuvre est présentée dans une dizaine de musées de province et en 1974 à Paris tandis qu'une grande exposition est réalisée à la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne.

Après la mort d'Arpad Szenes le 16 janvier 1985 à Paris une nouvelle rétrospective est exposée en 2000 à l'Hôtel de Ville de Paris. Szenes fait partie des peintres réunis pour l'exposition "L'Envolée lyrique, Paris 1945-1956" présentée au Musée du Luxembourg (Sénat), avril-août 2006 (Grand dialogue, 1956, Musée national d'art moderne)