Alfred Manessier

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Alfred Manessier naît le 5 décembre 1911 à Saint-Ouen (Somme).

Après des études à l'École des Beaux-Arts d'Amiens puis à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, après une initiation à l'architecture et à la fresque, il se consacre à la peinture, avant de découvrir la tapisserie et le vitrail.
Profondément imprégné dès son enfance par les paysages et la lumière de la baie de Somme, il consacre de nombreuses toiles aux méandres et reflets du fleuve, au littoral picard, aux ports du Nord: Espace matinal (1949), Mer du Nord (1954), Morte-eau (1954), Souvenir de la baie de Somme (1979).
La nature est présente également dans les œuvres nées de ses regards sur la Provence, l'Espagne, la Beauce, les Pays-Bas, le Canada: Petit paysage hollandais (1956), Joie champêtre (1974), Terre espagnole, Vers Jativa, Paysage esquimau, Soleil d'hiver, Givré, Alleluia des champs, La Mancha d'octobre, Avril en Beauce, Moissons I et II.
En 1943, Manessier accompagne l'écrivain Camille Bourniquel au monastère de Soligny-la-Trappe pour une retraite. Au cours de ce séjour, une profonde transformation spirituelle s’accomplit en lui, et il est pénétré par une foi qui ne le quittera plus jamais. Son œuvre s’en trouvera marquée sur le plan thématique comme sur le plan stylistique. Sa méditation sur les grands textes du Christianisme ne peut se transposer dans les représentations classiques. La non figuration s’impose pour donner une forme sensible à ses émotions. Ce Christianisme, toujours lié à un humanisme sincère, s’exprime dans de nombreuses œuvres : La Passion selon Saint Matthieu (1948), La couronne d’épines (1950), La nuit de Gethsémani (1952), la série des Passions (1986). Le thème de Pâques est privilégié, la mort, pour Alfred Manessier, ne pouvant être pensée et évoquée qu’en relation avec la Résurrection.

Intéressé par la tapisserie dès la fin des années 40 (La construction de l’Arche, 1947, La forêt en janvier, 1949), c’est la rencontre du couple de tisserands Plasse Le Caisne qui incite Manessier à se consacrer davantage à ce support. Des œuvres monumentales, prodigieusement riches de couleurs jusque dans le détail vont naître : Chant grégorien (1963-1969), Vers l’espace sous-marin (1964), Espace sous-marin (1964, Hymne à la joie (1966), La joie (1968), les douze tentures sur le thème des Cantiques spirituels de Saint Jean de la Croix (1969-1971), L’accueil, (1984), entre beaucoup d'autres.

Le vitrail, dont lui parle Georges Rouault en 1947, tient également une place majeure dans la production artistique de Manessier.
L'œuvre de Manessier a été couronnée par des prix internationaux. Sélectionné pour la Biennale de Venise en 1950, le Grand Prix de Peinture lui est attribué en 1962, alors que Giacometti obtenait le Grand Prix de sculpture. Manessier est le dernier peintre français ainsi récompensé, après Matisse, Jacques Villon, Raoul Dufy... Il exposait des œuvres de grand format sur les thèmes de la Passion, de Pâques.

En 1953, il reçoit le Premier Prix de Peinture à la Biennale de Sāo Paulo, et en 1955 le Grand Prix de Peinture de l'Institut Carnegie de Pittsburgh.


Le 28 juillet 1993, il est victime d'un accident de la route dans le Loiret, et il meurt le 1er août 1993 à l'hôpital d'Orléans la Source.

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