Erró

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 Gudmundur Gudmundsson ( 19 juillet 1932, Olafsvik, Islande )

Peitre associé à la Figuration Narrative

A l’âge de dix ans, Gudmundur a été fasciné par les œuvres d’art reproduites dans un catalogue du Musée d’Art Moderne de New York. Dès lors, la peinture est devenue pour lui une véritable passion et la vocation de toute une vie.
Dès l’âge de 19 ans, il est entré à l’École des Beaux Arts de Reykjavik, puis a poursuivi ses études de peinture à Oslo. Pendant les années 50 Erró a fait plusieurs voyages en Espagne, en Italie, en France et en Allemagne.
En 1954 il a fait des études à l’Académie des Beaux Arts de Florence et en 1955 il s’est inscrit à l’école de mosaic bysantine de Ravenne.
C’est vers cette époque qu’il a commencé à exposer ses œuvres, surtout à Paris où il s’est installé en 1958.
Au cours des années 1960, il a fait la connaissance de Pontus Hultén, le conservateur de musée, qui lui a prodigué ses encouragements et l’a pris sous son aile.
Au fil des années, Erró a participé à des centaines d’expositions, et il est aujourd’hui représenté dans la plupart des grands musées du monde, notamment au Centre Pompidou à Paris.
L’univers plastique d’Erró mêle des personnages de bandes dessinées à des figures de despote.
Donald le canard et sa Daisy, Tic et Tac et autres personnages de Walt Disney, font une fréquente apparition dans son œuvre, côte à côte avec des dieux grecs et des madones. Contrastant avec ces derniers, nous voyons surgir le dictateur allemand Adolf Hitler en compagnie de son homologue irakien Saddam Hussein et du leader chinois Mao Tsé-Toung, représentés dans des proportions monumentales.
D’une manière provocante, Erró met en scène des leaders qui se font les avocats du conformisme et de la dictature, dans d’autres séries de tableaux il représente des femmes orientales voilées qui dénudent leurs seins. Les armements, la violence et la sexualité sont chez lui des thèmes récurrents.
Des pastiches de Picasso, Léger, Disney et Dalí sont eux aussi caractéristiques de l’art d’Erró, qui mélange avec opiniâtreté les styles et les langages figurés. Une partie de ses œuvres de jeunesse manifestent l’influence des figures spatiales de Roberto Matta, tandis que d’autres font penser aux peintures de son ami Öyvind Fahlström, inspirées des bandes dessinées et de la culture pop.
Erró est aussi étroitement apparenté à Roy Lichtenstein, Andy Warhol et James Rosenquist. 
En été 2001, un musée consacré à l’œuvre d’Erró a été inauguré à Reykjavik. On peut y voir un large choix des œuvres de l’artiste, depuis ses premières toiles jusqu’à celles des dernières années.
Contempler les œuvres d’Erró, c’est comme assembler un puzzle. Les images s’interpénètrent et forment une synthèse. Elles expriment la joie de vivre et le ludisme, par opposition à l’obscurantisme, à la grossièreté et au tendances destructives qui règnent autour de nous.
Mettant en symbiose collage et peinture, il appartient à la Figuration narrative. Il choisit et assemble des éléments iconiques trouvés dans la presse, la publicité, les comics, le cinéma, la propagande politique et les manipule pour former des compositions où l’humour se dispute à l’angoisse. Erró s’affirme en constance comme un grand iconoclaste satirique obsédé par les personnages politiques, les vedettes culturelles et les faits de notre société : consommation dirigée, érotisme mercantile, américanisation de l’existence, absence apparente d’un sens à l’histoire, etc. Il compose ainsi une sorte d’antilégende du siècle.