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Michel Duport - de Dalian / Shanghai

A Shanghaï, le tas de brique est en forme de Mercedes.

                              

L’esprit n’est pas dans le détail …. il est dans l’ensemble. La ville est belle comme une montagne, les autoroutes qui la sillonnent sont comme des pistes de ski…d’ailleurs encore au sujet des montagnes (ces endroits ou théoriquement l’âme s’élève en même temps que le corps fait l’effort de monter !), et des éléments naturels qui, en général, convoquent dans notre esprit un reste d’animisme, la ville renverse la donne. La réalité est l’image, Platon n’est plus de mise : le réel est une construction d’images aux proportions étonnantes. L’homme et ses machines dessinent admirablement les formes et les espaces. Le réel et l’image sont ainsi confondus dans une seule et même chose.                              

L’esprit est dans la matérialité, pas dans je ne sais quelle référence à l’énergie ou autre fantasme spiritualiste. L’effort (dont il serait question) est de donner un corps à ce qui était du domaine de l’illusion. Le dessin n’est plus un trait mais une matière, un objet, quelque chose se figurant elle-même. Le tableau, lieu de la peinture, est une forme comme une autre, même si cette forme hérite d’une lourde histoire. C’est le sens de mes propositions faites « in situ » dans l’exposition : les dessins comme une écriture sont en papier, je n’avais apporté que ceux en fonte d’aluminium plaqués sur les formes /tableaux.

                              

        

Des banderoles sont partout. J’insiste pour en réaliser une. On me mène dans un endroit invraisemblable . Au fond d’une cour où tout s’entasse : un atelier…

   

C’est aussi un lieu de vie : la bicyclette, un enfant, un petit chien, des jeunes gens devant des ordinateurs anciens, 30 m2 avec machines, papiers, rouleaux de tissus. On pourrait faire un inventaire à la Prévert de tout ce qui se trouve là. Le plafond est bas. Des hommes jeunes dorment sur une étagère au dessus de la machine, on mange en même temps qu’on travaille.

                             

Ambiance sympathique. Nous nous comprenons par gestes…hésitations…Puis tout s’enchaine ! Je suis obligé d’aller vite. Quelques points sur une feuille, je les relie, je coupe, je déplace. C’est une écriture illisible (comme pour moi, celle sur les murs dans la rue) et qui devient un motif répété par traitement d’ordinateur. C’est un bricolage comme je les aime, on fonce dans le noir ! La suite est une table traçante qui découpe une bande de papier et le report du tracé se fait par collage à chaud.

   
   

     
  C’est simple, efficace, 12 m. en rouge et bleu, sur 80 cm de haut.



 

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chine@elandarts.com

Artistiquement vôtre,
www.elandarts.com

English version  

In Shanghaï, the heap of brick looks like a Mercedes.


                              
 

Spirit is not in the detail. It is in the whole. The city is beautiful as a mountain, the highways which cross it are as ski runs... moreover still about mountains (these places where in theory the soul rises at the same time as the body struggles to climb !), and natural elements which, generally, call in our mind a rest of animism, the city overturns the cards. Reality is the image, Plato is no longer acceptable : the reality is a construction of images with surprising proportions. The man and his machines draw admirably the forms and the spaces. Reality and images are thus merged into the same thing. 
                              
Spirit is in the materialism, not in whatever reference to energy or some other spiritualist fantasy. The effort (which should be questionned) is to substantiate what was of the domain of the illusion. The drawing is not any more a line but a material, an object, something representing itself. The painting (tableau), the place of paint, is a shape as another one, even if this shape inherits from a heavy history. It is the sense of the propositions I made " in situ " in the exhibition : drawings, as somekind of writing, are made of paper. I had brought only those in aluminum cast iron stuck on the forms / paintings.

                              

        
 

Banners are everywhere. I insist on realizing one. I am driven in an unlikely place. At the bottom of a yard where everything piles up : a workshop … 

   


It is also a truly lively place : the bicycle, a child, a small dog, young people sitting in front of former computers, 30 m2 with machines, papers, rollers of fabrics. We could make an inventory like a poem, in Prévert style, of all which is there. The ceiling is low.Young men sleep on a shelf above the machine, we eat at the same time as we work.

                             
 

Nice atmosphere. We understand eachother with gestures... hesitations … Then it's all linked up ! I am forced to go fast. Some points on a sheet, I connect them, I cut, I move. It is an illegible writing (as for me, the one on walls in the street) and which becomes a motive repeated by treatment of computer. It is a "do-it-yourself" experience of teh type that I like, as a rush in deep dark ! The continuation is a machine-tool which cuts a strip of paper and the transfer of the line is made by hot collage(sticking).

   
   

It is simple, effective, 12 meters in red and blue, on 80 cms high.

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Artistically yours,
www.elandarts.com