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Michel Duport - depuis Dalian:

10 ans après … Beijing …
Pour ne pas dire que la ville ait profondément changé, avec cependant quelques restes de l’ancienne Chine (dans les coins), je remarque la disparition des vélos au profit de mobylettes électriques silencieuses elles aussi. Mais le bonheur est toujours là : une remorque avec une femme assise dedans et un cèleri. Dieu est dans les détails.

                                        

Ce qui frappe toujours et encore c’est l’écriture sur les murs, les enseignes lumineuses typographiées, la calligraphie dans toutes les matières.

Pour moi ces « mots» ne sont pas LES choses, ils sont DES choses. Un ami artiste canadien qui expose avec moi déplore qu’on n’en comprenne pas le sens, ce qui selon lui, complèterait notre rapport à ces signes. Mais il me semble que justement, c’est parce que nous les saisissons seulement comme formes qu’ils ont une force plastique extraordinaire. Si nous comprenions ce qui est écrit, certes nous pourrions les caractériser selon la qualité du graphisme, mais nous épuiserions alors rapidement leur énigmatique présence.

                                          

Je peux comparer cela aux affiches déchirées des affichistes comme R.Hains ou Villeglé. Nous pouvons voir dans la rue comme sur des cimaises ces morceaux ayant perdu leur sens comme affiche, mais qui ont en contrepartie acquit une évidence plastique, de «  peinture abstraite « le plus souvent.

Dalian est une énorme ville internationale, justement par son histoire. Occupée par les Russes, puis les Japonais, puis les soviétiques après 1945. L’architecture témoigne des occupations guerrières successives.

Quantité de voitures, boulevards longs et larges qui structurent la ville aux immeubles le plus souvent hauts et répétés dans leur style. Une espèce de ville américaine. Promotion immobilière dont je rencontre un acteur collectionneur de peinture…
Nous roulons sous la pluie, d’un repas à l’autre, raffinement et profusion de plats (du légume banal mais subtilement cuit et assaisonné au poisson vivant cru). Rencontre d’artistes dont nous visiterons les ateliers les jours suivants. Chaleur là aussi sans le recours des mots…Mais enfin souvent traduits quand même !

        

Remarque : J’ai peur de mon manque de démonstration d’habileté ou de savoir faire. Il me semble que je suis plus à l’aise dans le savoir défaire…Comme on disait et peut être à juste titre. La discussion s’engage autour d’une problématique modernisation de la tradition. C’est le grand sujet, et le « travaillé » la mesure du jugement esthétique. Heureusement que l’exposition est dans une université, les étudiants en art ont réalisé la plupart des pièces légères en papier, disposées sur le mur. J’ai presque esquivé le coup.

Je vous parlerai de peinture plus tard !

                                       

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Artistiquement vôtre,
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English version

Michel Duport - straight from Dalian

10 years later … Beijing … It is not a surprise to say that the city has profoundly changed, with however some reminiscents from former China. One may notice the disappearance of bikes for the benefit of silent electric mopeds. But the happiness is always there : a bike with a trailer, and  a woman siting inside, with a celery. God appears in the detail.
                                        

What has always striken me, and still does, is the writing on walls, the typographed neon signs: calligraphy in every materials.

For me, these "words" are things by themselves. A Canadian friend and artist, who exhibits with me, regrets that we do not understand the meaning of these characters, which, according to him, would complete our relationships with them. But I propose to consider the opposite, as we seize them only as shapes, with an extraordinary plastic strength. If we understand what is written, certainly we could characterize them according to the quality of the graphics, but their enigmatic presence would certainly disappear .

                                        

You may try to compare with artworks made out of torn-posters by specialist artists such as R.Hains or Villeglé. In the street as on cymas, these pieces have lost their meaning as "posters", but have gained an aesthetic evidence, of "abstract art" mostly.

Dalian is an enormous international city. Occupied by the Russians, then the Japanese, then the Soviets after 1945. The architecture shows the occupations of these successive warriors.

Cars everywhere, long and wide boulevards which structure the city, and buildings repeatedly high and similar. A kind of American city, in the vertical sense. Real-estate development, and I meet one of those real-estate professionals who is a collector of painting … We drive in the rain, then have a meal, going from one dish to the other, always refined (some ordinary vegetable, but subtly cooked and flavored to the raw fish - still alive).
During the lunch, we meet artists whom we shall visit the next day. Warm contacts, where words are not very useful... although we jump into impossible translations !

        

Remark : I am afraid to disappoint with the demonstration of my skills and know how (savoir-faire). It seems to me that I feel more at ease in the know how to undo (savoir défaire) … As we said and may be rightly. The discussion turns around modernization against tradition. It is the big issue : is the artistic craft,quality a measure of the aesthetic judgment ? Fortunately the exhibition takes place in a university, and the art students perform most of the works with pieces of light papers, arranged on the wall. I almost evaded the blow.

I shall speak to you about painting later !

                                       

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