| Pierre Alechinsky Alechinsky, Galerie de France 1962 Catalogue édité par la Galerie de France à l'occasion de l'exposition des peintures et encres de Pierre Alechinsky ... Plus d'info | Donald Judd Ecrits 1963-1990
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Jan Voss ST 125 1985,Bois gravé signé et numéroté - Tirage à 150 exemplaires. ...Plus d'info | Claude Garache Ocre II1989, Gravure signée et numérotée - Tirage à 35 exemplaires....Plus d'info
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NEWSLETTER 1 :En matière d'exposition, rappelons-nous ce film d'Agnès Jaoui, 'Le goût des Autres'. Lors d’un vernissage, Jean-Piere Bacri, chef d’entreprise en pleine découverte du sentiment esthétique, y a toutes les peines du monde à voir les oeuvres qu'il est simplement venu regarder. Comment faire, au milieu de cette faune bien pensante qui, le dos tourné aux oeuvres, s'adonne aux plaisirs du gosier et de l'égo .
C’est peut-être, comme le disait Cocteau, que l'art n'existe que s'il prolonge un cri, un rire ou une plainte. Devant l'oeuvre, larguons les amarres.
Il y a d'abord ce plaisir brut de l’oeuvre : immédiat, puissant, remuant. Les maîtres nous font atteindre des altitudes où l’oxygène se fait plus dense. Pour reprendre Picasso – ' Il y a des peintres qui savent transformer le soleil en un point jaune, mais il y en a d’autres qui, par leur maîtrise artistique et leur intelligence, transforme un point jaune en un soleil. '
Puis il y a le plaisir de la découverte passée par les replis de la réflexion créative, ce plaisir de résistance par rapport à une oeuvre à l’accès difficile. Chaussons alors les crampons de la pensée et partons à l’assaut.
Parmi ces réussites intellectuelles, prenons Donald Judd, le minimaliste américain. L’insatisfaction de cette première sensation, quasi animale, l’a conduit à arrêter la peinture à l’issue de sa première vraie exposition en 1963. Histoire de l’art, cours de philosophie, ce n’est qu’après avoir réfléchi une démarche, et écrit son article fondateur ' Specific Objects ' (1965) qu’il se lance dans ses fameuses formes, pour nous faire découvrir, l’objet et la finalité de l’art autrement. Ici, l'art se déchiffre et fait entrer plus à l'intérieur. Comme le souligne Jean Frémon, sans grandiloquence, avec finesse et autorité ces oeuvres formulent leur identité comme un postulat, un axiome, un théorème, un produit de l'intelligible qui aurait subi l'épreuve du sensible, avec ce quelque chose en plus que les mathématiciens appellent la 'solution élégante'.
Et il y a encore autre chose, d’accord ni avec l’esthétisme académique, ni avec les théories plus intellectuelles. Ainsi, le mouvement Cobra préconise le retour à la spontanéité créatrice, à la recherche expérimentale, aux valeurs populaires et collectives. En lui-même plutôt éphémère (1948-1951), ce mouvement a laissé une trace ensuite largement suivie. Pari tenu donc pour les Jorn, Appel, Constant, Corneille, Alechinsky, Atlan ou Doucet qui ont ouvert une nouvelle voie.
Enfin, il y a la nouvelle vague, celle des artistes pas encore étiquetés par les critiques artistiques et qui, comme Braure (peintre Grenobloise) ou Latham (photographe Australienne) témoignent et nous emmènent dans leurs voyages.
Chez Elan d'Arts, ce sont clairement ces différentes façons de découvrir un témoignage et une oeuvre artistique que nous souhaitons présenter. Sans trop d'à-priori sur le label. Mais avec exigence sur la capacité à montrer.
Alors, profitons de ce moment du vernissage pour reproduire l’intensité de cette rencontre entre le plaisir d’un partage parmi les hommes, le retour à une émotion initiale et la recherche d’une lecture de tout cela. C'est un moment unique et généreux. Comme le rappelle une voix éclairante qui nous vient des bords de la Méditerranée, sous les pins parasols de la cité de Sète : " L'objet profond de l'artiste est de donner plus qu'il ne possède." Paul Valéry dans ses "Cahiers"
Levons donc notre verre pour cette ouverture et bon surf à chacun sur le nouveau site de rencontre entre oeuvres et ouvrages d'art !
Elandarts.com
Elegant opening -
What's happens during an Art Opening? It can be very diverse during this intense moment – for instance, there is a businessman who never took the time for art and who, enthralled by what he is discovering at an opening, can hardly see the paintings. For he has to look through a crowd of gossiping intellectuals who hardly remember why they’re there in the first place ![1]
Maybe, as Cocteau put it, art only exists as an extension of a cry, a laugh or a whisper. So looking at a work of art, let's cast off.
First of all, there is the pure aesthetic pleasure: immediate, powerful, moving. Only masters can make us reach these altitudes where the oxygen is thicker. Picasso gave a powerful illustration : « There are painters who know how to transform sun into a yellow spot, but there are others who, through their skills and intelligence, transform a yellow spot into the sun ».
Then, there is the pleasure of elucidating art’s mystery through creative thinking. Facing difficult works, we feel the resistance of the tricky paths opened by the artist. Let's put on our mental crampons and tackle some delicate rock faces.
Donald Judd, the American minimalist, opened a new road. Although he created some innovative paintings, he never managed to accept or understand his own creative schemes, as a «bear» painter. After his first exhibition in 1963, he decided to quit painting and went back to philosophy and art history. Only after writing his foundation text « Specific Objects » in 1965, did he come back to the production of unique « shapes » and « objects », that let you further « in ». His art pieces, between painting and sculpture, simply formulate their identity, like an axiom, a theorem or an intelligible product becoming real, with that extra something that mathematicians call the « elegant solution ».
Art also provides other destinations, corresponding neither to academic esthetism, nor intellectual theories. For instance, the Cobra movement offers a way back to creative spontaneity, experimental research, collective and popular values. Despite its brief existence (1948/1951), this movement left traces that were then widely followed. Karel Appel, who recently left his last brush stroke (died on May 4th, 2006), and his companions Constant, Corneille, Alechinsky, Atlan and Doucet have succeeded in opening new paths.
Lastly, you have the disturbing new wave, those who like to challenge and surprise the critics, who in turn are always trying to fit them into the right box. Braure (French painter) and Latham (Australian photographer) like to witness, and to take us along in their suitcases on their original travels.
At Elan d'Arts, we want to present all these different eyewitness accounts and their corresponding works of art. They will be rigorously chosen - not based on their « name » value, but rather by their capacity to express.
Let's now celebrate and make the most of this opening! Let's feel the unique intensity of these encounters, and return to a first emotion. Let's break the code of this mysterious artistic quest. As Paul Valery reminds us from the unique light of the Mediterranean coast, under the evergreen umbrella pines of Sete harbour: « The final objective of the artist is certainly to give more than he owns. »
Let's raise our e-glasses for this opening and wish you joyous surfing on our new website where art books meet unique pieces of art.
Elandarts.com
[1] « Le goût des autres » Agnes Jaoui – 2000.